Saints
Le Christ et Saint Ménas
Ὁ Ἅγιος Μηνᾶς · ΙϹ ΧϹ
- Technique
- Tempera à l'œuf et feuille d'or sur bois
- Dimensions
- 18 × 24 cm
- Statut
- Réalisée · collection privée
Le choix de cette icône
Après avoir écrit l’icône de la fuite en Égypte, j’ai eu envie de poursuivre ma découverte de la tradition copte en écrivant cette célèbre icône du Christ et de l’abbé saint Ménas.
Je connaissais cette image bien avant de commencer mon apprentissage de l’iconographie, grâce à mes visites à la communauté de Taizé. La choisir comme modèle, c’était ainsi retrouver une image familière pour l’aborder autrement, à travers le geste de l’écriture.
À propos de cette icône
Cette icône s’inspire de la célèbre image copte du Christ et de l’abbé Ména, provenant de Baouit, en Moyenne-Égypte, et conservée au musée du Louvre. Le musée date l’original du VIIIᵉ siècle. Cette interprétation contemporaine en reprend le geste essentiel : le Christ se tient auprès d’un homme et pose sa main droite sur son épaule.
Ména, également appelé Ménas, est identifié comme un abbé, responsable d’une communauté monastique, associé à Baouit. Sa vie personnelle demeure peu connue. Il ne faut pas le confondre avec le soldat martyr égyptien du même nom. Sa présence évoque ici une vie de prière et de responsabilité vécue en compagnie du Christ.
Le bras de Jésus forme un lien entre les deux personnages. Sa main exprime la proximité, le soutien et la confiance : il se tient aux côtés de son ami. Ce geste a donné à l’image son nom familier d’« icône de l’amitié ». Il peut être contemplé comme une invitation adressée à chacun, à accueillir la compagnie du Christ et à prolonger cette amitié envers les autres.
Le Christ tient un livre des Évangiles richement orné, rappelant son enseignement et son identité de Verbe de Dieu. La croix inscrite dans son auréole le distingue de Ménas, dont l’auréole exprime la sainteté. La main levée de l’abbé peut se lire comme un geste de bénédiction. Leurs deux visages sont tournés vers celui qui contemple, ouvrant leur relation au-delà du seul face-à-face.
Le caractère copte du modèle apparaît dans la simplicité directe de la composition, les contours affirmés et les grands yeux attentifs. Ces traits privilégient la présence spirituelle plutôt que la profondeur naturaliste. Ici, les ocres chaleureux, le vêtement rouge et le manteau bleu font ressortir les personnages, tandis que les auréoles d’or offrent à leurs visages un écrin lumineux.
Cette image occupe une place particulière dans la prière de la communauté de Taizé. Frère Roger l’appréciait particulièrement, et la communauté a contribué à la faire largement connaître sous le nom d’« icône du Christ et de son ami ». Des reproductions ont accompagné ses pèlerinages de confiance, comme signe d’amitié avec le Christ et de réconciliation entre les personnes. Cette icône invite à une confiance simple : laisser le Christ cheminer à nos côtés et devenir, à notre tour, une présence d’amitié.